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Le passage à l’heure d’été, une mesure controversée

Changement d'heure sur un réveil.


L’heure d’été a été instituée en France en 1975 suite au choc pétrolier de 1974, avec l’objectif d’effectuer des économies d’énergie en réduisant les besoins d’éclairage. Il s’agit principalement de faire correspondre au mieux les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel.


Bénéfices et inconvénient d'un changement d'heure.


Appliqué au Royaume-Uni et en Irlande depuis la première guerre mondiale et en Italie depuis 1966, le régime de l'heure d'été a été introduit dans l'ensemble des pays de l'Union européenne au début des années 1980. Pour faciliter les transports, les communications et les échanges au sein de l'Union européenne, il a été décidé d'harmoniser par directive du Parlement européen et du Conseil, les dates de changement d'heure.

Ainsi, depuis 1998 pour l'ensemble des pays de l'Union européenne, le passage à l'heure d'été intervient le dernier dimanche de mars à 2 heures du matin et le passage à l'heure d'hiver intervient le dernier dimanche d'octobre à 3 heures du matin. Le régime de l'heure d'été consiste à ajouter 60 minutes à l'heure légale au cours de la période estivale (de fin mars à fin octobre).

Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), les «bénéfices» du changement d'heure en termes d'économies d'énergie et d'émissions de CO2 sont pourtant «réels». En 2009, le gain sur l’éclairage obtenu grâce au changement d’heure est de l’ordre de 440 GWh, soit l’équivalent de la consommation en éclairage d’environ 800 000 ménages. Grâce à ces économies, l’émission de 44 000 tonnes de CO2 a ainsi été évitée.

On considère en effet que, pour cet usage, 1 kWh consommé produit 100 grammes de CO2, l’éclairage faisant appel à des moyens de production électrique en partie carbonés. 



Historiquement, le gain sur l’éclairage diminue pour plusieurs raisons : évolution des équipements avec l’introduction progressive de lampes basse consommation, éclairage public calé sur la nuit « solaire ». 


Différentes heures suivant différents pays.

Néanmoins, à l’horizon 2030, les économies d’énergie engendrées par le régime d’heure d’été subsisteront même si le gain aura encore diminué grâce au développement de technologies d’éclairage toujours plus performantes dans l’habitat. Il devrait alors atteindre 340 GWh.

En ce qui concerne les usages thermiques -chauffage et climatisation- même si les économies liées au changement d’heure restent modestes et difficiles à évaluer aujourd’hui (sur la climatisation tertiaire : de l’ordre de 70 GWh), un gain de 130 GWh pourrait être attendu en 2030 à condition que des systèmes de régulation automatique - thermostat ou régulation horaire - soient installés pour respecter les consignes de température.

Ce bilan est dénoncé par l'Association contre l'heure d'été double (ACHED), qui fait valoir d'autres études. Selon elle, «l'heure d'été est à proscrire de tout point de vue, à commencer pour son bilan énergétique» car elle entraînerait une surconsommation de chauffage ou de la climatisation.


L'ACHED estime par ailleurs que le changement d'heure représente aussi un danger pour la santé et la sécurité des êtres humains, car il augmenterait les risques de crise cardiaque, le nombre d'accidents du travail et de la route, et accentuerait les problèmes de sommeil.

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